Selon le Pr Raoult, il n’y a plus de COVID à Marseille

Raoult Marseille Covid-19

Le virologiste Didier Raoult, un des principaux partisans du médicament controversé chloroquine comme traitement du Covid-19, affirme que le virus est en train de disparaître à Marseille. Mais le responsable régional de la santé de la ville affirme qu’il est bien trop tôt pour tirer de telles conclusions.

Dans une vidéo sur twitter mardi soir, le spécialiste des maladies infectieuses du CHU de Marseille a déclaré que le virus « disparaît progressivement » dans la ville.

« Il y a une baisse très importante du nombre de tests positifs et une baisse encore plus importante chez les personnes testées qui ne présentent aucun symptôme« , dit-il.

Au plus fort de l’épidémie, la Fondation Infection Méditerranée de Raoult a compté 368 nouveaux cas par jour. Mais aujourd’hui, il estime que les chiffres se situent entre 60 et 80.

« Il est possible que l’épidémie disparaisse au printemps », dit-il, « dans quelques semaines, il est possible qu’il n’y ait plus de cas. Nous ne savons pas pourquoi, mais nous le voyons assez souvent, avec la majorité des maladies respiratoires virales« .

Le directeur général de l’Agence régionale de santé de la région marseillaise s’inquiète cependant de telles suggestions.

« Il est beaucoup trop tôt pour faire des prévisions sur la fin de l’épidémie », a déclaré Philippe de Mester au journal français France Bleu Provence. « Nous ne savons rien de sa durée, malheureusement. Il est vrai que nous avons enregistré un ralentissement de la propagation de l’épidémie, mais pas un déclin réel. L’épidémie va continuer et il faudra encore quelques semaines« .

Il a souligné l’importance de continuer à suivre les règles de verrouillage.

M. Raoult publie régulièrement des vidéos sur Twitter, communiquant ainsi directement avec le public et pas seulement avec la communauté scientifique.

Ses cheveux longs et ses manières non conventionnelles font partie du style anti-establishment qu’il semble cultiver et il a un nombre croissant d’adeptes.

Les partisans de son traitement le considèrent comme un héros de province défiant un établissement scientifique parisien et un médecin en activité qui tient tête aux chercheurs dans des tours d’ivoire.

Il soutient qu’un médicament anti-paludisme, l’hydroxychloroquine, combiné à l’antibiotique azithromicyne, est un traitement efficace pour les patients atteints de Covid-19, s’il est utilisé avant qu’ils n’aient besoin de soins intensifs.

Il a publié les résultats de son utilisation de cette approche qui montrent un succès considérable, mais sans groupe de contrôle neutre pour la comparaison, il n’y a pas de preuve concluante que les patients se rétablissent grâce à son traitement. En conséquence, son utilisation n’a pas été autorisée, sauf dans certaines conditions dans les hôpitaux. Le médicament est connu pour ses effets secondaires négatifs, mais il est déjà utilisé contre la malaria et dans le traitement du lupus et de l’arthrite rhumatoïde.

Dans une interview accordée au Figaro le 3 avril, M. Raoult s’est montré critique à l’égard des processus de recherche médicale actuels.

Il a déclaré que la méthodologie d’essai établie lors de la lutte contre le sida ne convenait pas à toutes les situations et que le « groupe de personnes » qui travaillait ensemble à l’époque adhérait trop rigidement à ces méthodes. Il a déclaré que la recherche était devenue trop éloignée de la médecine.

Bien que Raoult lui-même soit à la fois chercheur et clinicien, il a fait la distinction entre les deux, disant qu’en tant que médecin, il voulait utiliser ce qui semblait fonctionner. En cas de crise sanitaire, a-t-il dit, les longs essais pourraient être raccourcis pour un médicament déjà utilisé.

De nombreux autres essais sur l’hydroxychloroquine sont en cours, mais jusqu’à présent aucun ne teste son approche exacte.

On ne sait pas très bien pourquoi ses détracteurs dans la communauté scientifique n’ont pas mené de tels essais, pour prouver ou réfuter son efficacité.

On a plutôt l’impression que la communauté scientifique ne veut pas, pour une raison ou une autre, explorer certaines options, alors qu’un franc-tireur est en train de se faire une réputation.

Plusieurs politiciens, pour la plupart de droite, ont exprimé leur soutien à Raoult et l’ancien ministre de la santé Philippe Douste-Blazy, un cardiologue, a lancé une pétition pour permettre une utilisation plus large de l’hydroxychloroquine.